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lundi, 18 janvier 2016

Financement des TPE : La Banque de France décrète la mobilisation générale

La Tribune du 18/01/2016 - article de Christine Lejoux

Moins de 60% des demandes de crédits de trésorerie des très petites entreprises sont satisfaites, contre 74% pour les PME, selon la Banque de France. L’institution veut mobiliser ses propres services, les banques et les entreprises pour améliorer le financement des TPE.


Mon commentaire : (Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation)

« Le taux de défaut des TPE est de 6% en moyenne, et même de 10% pour celles qui sont âgées de moins de trois ans, alors qu'il se limite à 3% pour les PME », est-il indiqué.
 
 Certes, mais en montants unitaires, les crédits et les garanties octroyées aux TPE n'ont rien à voir avec ceux des PME. De plus les impayés finaux sont souvent bien moindres que la créance initiale après la mise en jeu des garanties réelles et/ou personnelles données par les emprunteurs à la tête desdites TPE. Enfin on ne peut pas oublier le fait que, derrière les 10% de défaillances mentionnés, la grande majorité des TPE qui se créent ou qui ont moins de trois ans le font sans accéder au crédit bancaire.

vendredi, 20 novembre 2015

Financement du terrorisme : les dérives des monnaies virtuelles

Le Cercle- Les Echos du 20/11/2015

Résumé :
Les autorités autorisent trop facilement les monnaies privés. Elles oublient que ces moyens de paiement servent souvent à financer le terrorisme.

                                                                      **

Le monde moderne est vraiment inconscient. il permet, voire encourage, la création de toutes sortes de circuits totalement privés en matière de paiement et de financement et découvre quelques temps après que le grand banditisme et le terrorisme sous toutes leurs formes s'y engouffrent.
C'est affligeant et pourrait devenir criminel.

Certes les ministres de la Justice et de l'Intérieur des pays de l'Union européenne doivent aujourd'hui proposer à la Commission une série de mesures destinées à renforcer la lutte contre le financement du terrorisme par le biais des transactions en ligne !

Une politique affligeante.
Que d'inconséquences : on a laissé consciemment  se propager librement  un risque majeur et après on va essayer d'en contenir les effets les plus dévastateurs !! C'est affligeant.

Quand on pense qu'on veut élargir considérablement le champ des circuits de face à face, à l'instar du bitcoin, pour éviter de passer par des acteurs régulés et surveillés et que des pays envisagent de supprimer à terme (peu éloigné) et cadastres et notaires parce que la chaîne des ordinateurs serait un garant tout aussi efficace qu'eux mais beaucoup moins chers, c'est totalement irresponsable.

Cessons ces dérives.

En ces matières, la course à la technologie pour la technologie, la concurrence folle entre pays et acteurs économiques pour gagner quelques centimes sur des transactions et le pari sur la transparence de ces opérations qui serait la panacée universelle, sont autant de leurres.

Arrêtons ces dérives avant qu'il ne soit trop tard, essentiellement pour la sécurité publique, mais aussi à terme proche pour le bon fonctionnement des systèmes des paiements et la sécurité des actes juridiques dont ceux touchant le droit de propriété.

mardi, 10 novembre 2015

Ces menaces nouvelles qui planent sur les banques

Les Echos 10/11/2015 - article d' Edouard Lederer

Menacées par les start-up de la finance et le « crowdfunding », les banques courent un risque majeur : celui de la marginalisation. Autre source d'inquiétude : les exceptions au "monopole bancaire"  en vertu duquel seules les banques peuvent accorder des prêts se multiplient.

mon commentaire :

Le monopole bancaire semble avoir vécu.

 

Il n'était pas spécifique à la France (même si notre pays a été maximaliste avec par exemple la prise en compte des garanties dans le champ du crédit); à preuve les directives bancaires européennes dont la première de 1977, dite de coordination bancaire. 

 

Même les établissements qui ne collectaient pas de dépôts, mais  qui accordaient des crédits devaient obtenir le statut d'établissement de crédit. La seule grande exception était le Royaume-Uni qui exonérait de réglementation tout le crédit-bail et le crédit à la consommation.


Sur ces bases, un grand marché bancaire européen largement harmonisé quant à son périmètre et sa réglementation a été mis en place  dans les années 90, avec instauration de passeports européens pour renforcer la concurrence et contrebalancer les contraintes liées aux respects de règles prudentielles contraignantes. Le tout fonctionnant sous la "haute main " des banques centrales, qui contrôlant via le crédit entre 80 et 85 % du financement des économies de l'Europe continentale, estimaient avoir toutes les cartes en main pour éviter les pires des dérapages monétaires et financiers. La Bundesbank a été très longtemps particulièrement attachée à une telle donne et n'a que, contrainte et forcée, été obligée de l'abandonner avec la déréglementation financière et la montée généralisée des marchés au début des 2000.    
   
    Au temps du shadow banking, de la banalisation des opérateurs des paiements scripturaux, du crowd funding, le monopole fait ringard et anti-progrès... pour le plus grand bien  du développement de risques systémiques. 
Tout se passe en effet comme s'il était avéré que leur maîtrise était bien meilleure dans un tel environnement de leur dissémination généralisée auprès d'acteurs pas ou peu réglementés que dans un système canalisé auprès d'acteurs fortement réglementés et responsables sur leurs bilans des risques pris. L'avenir dira si ce choix est judicieux. Pour le moment rien ne permet de l'assurer mais tout le monde fonce en ce sens !

vendredi, 5 juin 2015

"La discrète américanisation" de l'Europe des capitaux

Les Echos- 21/05/2015-  Eric Le Boucher -éditorialiste

" L’union européenne du marché des capitaux est sur les rails. Elle doit aboutir, comme aux Etats-Unis, à atténuer le poids des banques dans le fonctionnement de l’économie. Un tournant historique qui eût mérité un débat."

mon commentaire :

La poursuite accélérée de la désintermédiation en Europe, à l’instar du système américain, voulue et saluée par presque tout le monde se révélera très certainement extrêmement dangereuse à terme. Il est bon qu'Eric Le Boucher invite à y réfléchir sérieusement. C 'est en effet un modèle de financement aux cycles économiques très contrastés, gérable quand il était limité aux pays anglo-saxons, qui le sera beaucoup moins quand il aura été généralisé. Sur une longue période, banques et marchés sont à égalité dans la pertinence de l’analyse du risque microéconomique. Par contre, la maîtrise du risque macroéconomique est moindre quand les marchés assurent l’essentiel des financements et des risques.
L’atomisation des risques, leur couverture et le succès apparemment durable anesthésient longtemps les acteurs et les observateurs… jusqu’à leur réveil.
Et là, c’est une déferlante, en temps réel, face à laquelle on ne sait pas faire face, pas plus demain qu’hier, malgré les dispositifs prudentiels récemment mis en place.

lundi, 23 mars 2015

Le monopole bancaire sert-il (encore) à quelque chose ?

Vox-Fi -par Hubert de Vauplane - 19 mars 2015

Commentaire :

L'article d'Hubert de Vauplane montre bien que le vieux cadre institutionnel bancaire dans lequel nous avons vécu a du plomb dans l'aile tant dans sa réalité que dans son essence.
C'est vrai que tout l'argumentaire que les autorités monétaires et les Pouvoirs Publics pouvaient développer avec beaucoup de cohérence  pour justifier du monopole des dépôts et des crédits est aujourd'hui mis à mal ; on ne le fera pas ici il faudrait tout un article. Cet argumentaire n'était pas spécifique à la France (même si notre pays a été maximaliste dans ses prises de position avec par exemple la prise en compte des garanties dans le champ du crédit); à preuve les directives bancaires européennes dont la première de 1977, dite de coordination bancaire, visait l'obtention obligatoire d'agréments.
Dans la plupart des pays de l'Union Européenne  le crédit entrait dans le champ des acteurs qui devaient obtenir un agrément ; pas celui de banque s'ils ne collectaient pas de dépôts, mais  celui d'établissement de crédit, concept introduit dans la première directive précitée. 
Et c'était une notion de crédit au sens large qui dans la majorité des pays incluait le crédit à la consommation mais aussi le crédit-bail immobilier et parfois le crédit-bail mobilier, l'affacturage et le crédit à la consommation. La seule grande exception était le Royaume-Uni qui exonérait de réglementation notamment tout le crédit-bail et le crédit à la consommation.
Sur ces bases généralement partagées, un grand marché bancaire européen largement harmonisé - pas totalement-  quant à son périmètre et sa réglementation a été mis en place  dans les années 90, avec instauration de passeports européens pour renforcer la concurrence dans ce marché bancaire unique et contrebalancer les contraintes liées aux respects de règles prudentielles contraignantes. Le tout fonctionnant sous la "haute main " des banques centrales, qui contrôlant via le crédit entre 80 et 85 % du financement des économies de l'Europe continentale, estimaient avoir toutes les cartes en main pour éviter les pires des dérapages monétaires et financiers. La Bundesbank a été très longtemps particulièrement attachée à une telle donne et n'a que, contrainte et forcée, été obligée de l'abandonner avec la déréglementation financière et la montée généralisée des marchés au début des 2000.   
  
    Ainsi aujourd'hui ces bases tiennent de moins en moins bien dans un environnement :
- de déréglementation poussée (Bâle III ne gêne plus que ceux qui veulent rester avec un statut qui les y soumet ! on va finir par se demander pourquoi ils le gardent !),
- dans lequel les banques centrales poussent elle-mêmes (provisoirement ?) à une très forte création monétaire,
 - et de développement considérable du face à face des marchés et des effets de levier.
 Au temps du shadow banking, de la banalisation des opérateurs des paiements scripturaux, du crowd funding...comment pourrait-il en être autrement ? ...pour le plus grand bien  de risques systémiques.
Tout se passe en effet comme s'il était avéré que leur maîtrise était bien meilleure dans un tel environnement de dissémination généralisée des risques auprès d'acteurs pas ou peu réglementés que dans un système canalisé auprès d'acteurs réglementés (qui n'en présentent pas moins quelques fragilités et risques de dérives).
 
Permettez-moi d'en douter. Seul le temps permettra d'en juger. 



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