MichelCastel.com

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi, 24 septembre 2018

La dette est trop élevée à l'échelle mondiale, selon la banque des banques centrales

La Tribune article de  Delphine Cuny  |  24/09/2018



 

Dans son état des lieux des marchés financiers, la Banque des règlements internationaux (BRI) s'inquiète des valorisations excessives des marchés et des conditions de crédit trop souples. L'ensemble de la dette, privée et publique, est maintenant "considérablement plus élevée qu'avant la crise" et les prêts à risque sont en plein essor."  


mon commentaire :

A ce tableau inquiétant- auquel on pourrait ajouter entre autres les massifs rachats d'action pour profiter des taux voisins de zéro, voire négatifs-  il ne faut pas oublier que ces dettes privées et publiques sont de plus en plus sous forme de produits négociables sur les marchés, c'est-à-dire  négociables en temps réel, de façon mondialisée, susceptibles d'énormes baisses instantanées de cours. Baisses qui influencent même indirectement l'appréciation implicite des crédits restés dans les portefeuilles bancaires.   Les techniques de couverture deviennent alors inopérantes, la défiance se généralise et la liquidité  s'évanouit sur les marchés comme entre les banques. Et les fonds propres des banques - surtout  des plus grandes très mondialisées- pourtant bien renforcés depuis le crise de 2007/2008 peuvent ne pas suffire pour rassurer leurs contreparties et les faire échapper à la tourmente. Ce sont alors les économies qui en subissent les conséquences.

jeudi, 13 septembre 2018

Commerce extérieur : La lente agonie du « dispositif public de soutien à l’exportation »

 Le Monde  - le 11 /09 / 2018  - par François David, Directeur de la DREE de mars 1987 à novembre 1989 et Président de la COFACE de 1994 à 2012.

La mauvaise performance des entreprises françaises à l’exportation s’explique aussi par le démantèlement du dispositif public mis en place à la Libération pour les aider, estime François David, ancien président de la Coface, dans une tribune " au Monde".

mon commentaire :
J'ai beaucoup apprécié l'article de François David qui sait de quoi il parle et qui montre comment notre pays a sabordé un de ses  atouts dans la compétition internationale. Je partage complètement son analyse du lent démantèlement du soutien public à l'export et le regrette. 
C'est d'ailleurs en m' inspirant d'un des éléments du dispositif mis en place très efficace, le refinancement privilégié (à 4,5 %) auprès de la Banque de France, que je le propose dès 2012 pour le financement de la transition écologique dans une interview au journal " La Marseillaise".. 
 
extrait :
Question : "Mais comment  fortement impliquer les banques dans le financement de la transition écologique "?
En reprenant le système qui avait fonctionné dans les années 60 / 70 pour les exportations. La France était très faible en la matière. Par ce dispositif les banques pouvaient se refinancer sans limitation auprès de la Banque de France, et à des taux bonifiés dès lors qu’elles finançaient des projets d’export. Cela nous a permis d’arriver (à l'époque) à la 3ème ou 4ème place des pays exportateurs. Il faut faire la même chose avec des projets lié à la transition écologique et de dimension européenne  : économie d’énergie, infrastructures, transports propres etc. et avec la BCE. Dès lors, les banques n’auraient plus de problème de liquidité ou de recapitalisation et n’auraient plus aucun prétexte pour refuser les financements des entreprises qui font aujourd’hui cruellement défaut. Cela aurait un impact sur les entreprises mais aussi sur leurs sous-traitants."
"Financer la transition écologique " entretien avec une journaliste de la Marseillaise, Angélique Schaller, le 3 août 2012 repris dans mon blog michel.castel@gmail.com; lien http://www.michelcastel.com/index.php?/page/3&q=refinancement
 

mardi, 28 août 2018

Pour vraiment verdir le financement de l'économie


Pour vraiment verdir le financement de l'économie la sphère financière toute entière doit se mobiliser. Elle le fera d'autant mieux que les banques centrales et les superviseurs l'accompagneront fortement et habilement par un environnement prudentiel adéquat mais surtout par la mise en place d'une politique durable de refinancement préférentiel.  

To really green the financing of the economy, the entire financial sphere must mobilize. It will do so much better than central banks and supervisors will strongly and skilfully accompany it through an adequate prudential environment but also by the implementation of a sustainable policy of preferential refinancing.

article publié sur Linkedin le 28/08/2018

      Pour réduire de façon drastique les émissions de carbone (engagement de l'U.E. de les  réduire de 40 %  avant 2030 notamment) il est indispensable de très fortement verdir le financement de l'économie. Les financements publics sont et resteront très insuffisants, les financements privés par les banques et les marchés doivent être massivement mobilisés. Surtout  qu'il y a le même impératif pour lutter contre la pollution, pour renforcer  les économies d'énergie et arrêter l'effondrement de la biodiversité. 

Il est heureux que neuf banques centrales[1] et superviseurs bancaires se soient mobilisés en décembre 2017 en vue de publier un rapport en avril 2019. Le défi, selon le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau,  est pour ces autorités " notre  nouvelle frontière à l'instar  du financement de la croissance et des grandes infrastructures au XIXème siècle ou de la gestion des grandes crises financières au cours de cent dernières années"[2].   
Ces Banques centrales et superviseurs travaillent essentiellement pour déterminer le bon environnement prudentiel pour intégrer le développement de la finance verte même si leur objectif  vise aussi à renforcer la mobilisation des capitaux en faveur de ce développement. Le prudentiel prédomine dans ces travaux et dans la gamme des éléments de préconisations déjà en partie dévoilés; le volet superviseurs a  et de loin pris le pas sur la partie  banques centrales et les politiques et taux et de refinancement, bases des politiques monétaires.  
A très grands traits, pour le prudentiel il s'agit de bien mesurer les risques climatiques après en avoir harmonisé les composantes et de mettre en place des stress tests appropriés auprès des banques et des assurances  comme ces autorités savent le faire pour les risques classiques après en avoir ajusté les dispositifs plusieurs fois depuis Bâle 1 et les directives européennes.  Mais l'usage des ratios prudentiels est de manipulation difficile - en quoi par exemple un financement vert serait-il systématiquement moins risqué qu'un financement classique et  justifierait une moindre exigence de fonds propres ?  Moindre exigence susceptible de mettre en question la robustesse individuelle et globale du système financier  aux crises et autres risques (de solvabilité, de taux, de change...) qui existerons toujours. Une alternative ?  Avoir une politique de malus pour les crédits à forte intensité carbone ou facteurs de pollution ? Elle n'est pas davantage facile à déterminer. Même avec des taux unitairement élevés sa production globale sera  faible car  elle ne portera  que sur les nouveaux crédits fortement carbonés (de peu de poids par rapport aux encours) et  elle sera très fluctuante car fonction des cours très volatiles de l'énergie et des matières premières. De plus elle ne dissuadera pas d'investir dans des activités carbonées ou négatives pour l'environnement quand les cours flambent. Par ailleurs, le développement de stress tests climatiques pertinents - intégrant tous les effets de chaîne à moyen long  terme possibles - mentionné par le groupe  est tout sauf évident. On l'a vu pour les stress tests visant les risques classiques connus pourtant de longue date. 
Cependant malgré toutes ces difficultés des mesures prudentielles doivent être approfondies et mises en place. Pour autant elles ne règleront pas l'enjeu de mobiliser une forte capacité d'offre financière pour les investissements verts et pour ceux touchant plus globalement  à l'impact des hommes sur la planète.
 Jusqu'à présent, sur cette question essentielle, le groupe de banques centrales et de superviseurs précité montre ses limites. Il indique réfléchir à un développement des obligations vertes et de leur titrisation;  et là on sait par avance qu'il y aura des avancées; c'est dans l'air du temps ! Le groupe déclare également  " qu'il faut plus de prêts verts  et plus de financements verts en général accessibles aux particuliers, aux PME et aux start-ups". Là par contre rien n'est vraiment préconisé voire même simplement esquissé.
Au-delà de là cette pétition de principe de plus de financement pour les particuliers et les PME et hormis un traitement prudentiel approprié - cf. ci-dessus - il n'y a, semble t-il, aucune réflexion sur le volet taux et refinancement par les banques centrales dans le cadre de leur politique monétaire seul moyen substantiel pour "booster" l'offre de financements verts dans son volet bancaire et financier.  
Actuellement et sans doute pour quelques années encore, plus qu'une politique de taux spécifique, la véritable  incitation forte à octroyer des crédits verts et à souscrire des obligations vertes serait de permettre leur refinancement préférentiel par les banques centrales à l'instar de la mise en place progressive  à partir de 2010 du rachats de  titres publics et de grandes entreprises qui a permis de faire face à la très grave crise de confiance entre acteurs financiers minant les facultés de refinancement interbancaires. Maintenant que cette mesure non conventionnelle est arrêtée (USA) ou en cours de réduction avant son arrêt (BCE) il y a là la possibilité de remplacer progressivement  un refinancement à l'aveugle (qui fut néanmoins utile) par un refinancement ciblé visant à relever un des plus grand défit actuel de la planète. En charge de la surveillance directe des plus grandes banques européennes,  la BCE  peut se donner les moyens de vérifier ( a priori, par sondage ou a posteriori) que le papier présenté à ses guichets correspond  bien à un financement concourant à la sauvegarde de la planète. Elle relèverait ainsi à la fois un défi quantitatif de financements à offrir et un défi qualitatif que  ces même financements soient réellement sources de progrès et non des opérations de "greenwashing".
Sur le plan financier "la nouvelle frontière" ne sera effective que si la sphère financière toute entière se mobilise. Elle le fera d'autant mieux que les banques centrales et les superviseurs l'accompagneront fortement et habilement par un environnement prudentiel adéquat mais surtout par la mise en place d'une politique durable de refinancement préférentiel.  
                                                            *
Plus de détails et de précisions dans
http://www.michelcastel.com/index.php?post/2012/04/26/La-quote-part-souhaitable-de-la-BCE-dans-le-pacte-de-croissance  

[1] Banque d'Angleterre, Bundesbank, Banque des Pays-Bas, de Suède, de Chine, de Singapour, du Mexique , Banque de France et Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) .  Hasard  (??) , la Fed n'y participe pas !!
[2] Conférence internationale des superviseurs sur le risque climatique - Amsterdam, 6 avril 2018 

_________________________________________

Cet article a été également publié en commentaire dans "Chroniques de l'anthropocène"  le blog d'Alain Grandjean  à propos de la " Lettre ouverte au Gouvernement : libérons l"investissement vert"
 https://alaingrandjean.fr/2018/09/03/lettre-ouverte-gouvernement-liberons-linvestissement-vert/#comment-269438


jeudi, 9 mars 2017

Monsieur Macron et le moins disant réglementaire en matière bancaire

Le Cercle-les Echos du 9/03/2017

M. Macron souhaite que les grands ratios de solvabilité de liquidité et de fonds propres des banques et des assurances puissent être discutés au niveau européen à l'Ecofin

 

M. Macron, ex ministre de l'Economie et candidat à la présidence de la République  a déclaré devant la Condéfération des PME le 6 mars dernier:

«Ce que je souhaite c'est que les grands ratios de solvabilité de liquidité et de fonds propres des banques et des assurances puissent être discutés au niveau européen à l'Ecofin chaque année et qu'on en fixe, avec des objectifs de financement économique, les grandes règles». Selon lui, les régulations adoptées après la crise (Bâle 2 et 3, ainsi que Solvency 2), ont incité les acteurs financiers à désinvestir. Ces régulations ne sont «pas adaptées à la France»..

«Nous nous sommes fait avoir», a-t-il ajouté en précisant qu'elles «touchent beaucoup les économies comme les nôtres qui n'étaient pour rien dans l'origine de la crise.» «Les instances prudentielles veulent de la prudence, donc elles n'ont qu'un objectif de réduction du risque et donc elles ont désincité les banques et les assurances à financer l'économie»,

Que penser de ce diagnostic et de cette proposition ?

D'abord il est un peu surprenant d'entendre un Ministre averti dire que "nous nous sommes fait avoir". Il est su depuis longtemps que la France, mais aussi toute l'Europe continentale, dépend plus des banques que les USA et la Grande-Bretagne pour leur financement et que depuis 4 à 5 ans toutes les instances politiques nationales et européennes veulent dès lors faire plus de place aux marchés de capitaux. Ensuite on rappellera que la croissance des crédits a été proche de 5 % en 2016 en France pour une croissance nominale de 3% environ,  que la Fédération Bancaire Française s'en félicite ( " Le crédit bat des records en 2016 : Les banques françaises financent l'économie" , communiqué du 22 février 2017 ) et que les résultats des banques ont été plus que confortables. 

Livrer, chaque année, la fixation des règles prudentielles aux Ministres des Finances conduit à politiser le débat et à provoquer des désaccords supplémentaires entre les pays de la zone euro  ...qui n'en ont pas besoin ! Avec en plus des résultats dépendant bien plus de marchandages que des besoins réels des différents pays.

Faire fluctuer fortement chaque année les conditions de distribution du crédit en fonction de la conjoncture en jouant sur les normes prudentielles alors que la politique monétaire est en charge de cette régulation - avec les taux d'intérêt, les conditions de refinancement, voire les réserves obligatoires - c'est demander à des données structurelles de se substituer aux instruments de politique monétaire bien mieux appropriés.


Le contrôle prudentiel est un soubassement structurel stable - un peu comme les règles fiscales- qui ne doit pas être modifié en fonction des conjonctures économiques car s'il faut peu de temps pour en réduire  les exigences il en faut beaucoup pour les relever. Cette inertie vient du fait que les ratios prudentiels portent essentiellement sur les fonds propres qui sont d’une manipulation difficile et qui jouent sur la géographie du capital et sur les capitalisations boursières.
De plus l'histoire financière de ces 15 dernières années a montré et montre que les banques sont bien souvent obligées de respecter des ratios de fonds propres supérieurs à ceux édictés par les autorités prudentielles pour maintenir la qualité de leur signature. Un assouplissement conjoncturel décidé par l'ECOFIN  mais qui ne serait pas ratifié par les marchés serait du plus mauvais effet. 
Cette proposition reprend enfin celle des Républicains les plus anti-régulation aux Etat-Unis, avec le Président Trump comme porte-parole. Or ce n'est pas une bonne chose pour la robustesse de l"économie financière mondiale qui est loin d'être assurée; l'OCDE vient d'ailleurs de noter que les risques financiers s'accentuent. Un haut niveau de normes prudentielles, stables de surcroît,  est en outre un gage de sérieux qui peut être de nature à rassurer des investisseurs et les opérateurs sur l'interbancaire dans la zone euro...  Une carte que l'Europe ne doit pas perdre.

Avec un peu de mauvais esprit, mais dans le même ordre d'idée, à quand une proposition de tel ou tel pour substituer à l'objectif  de la BCE de "un peu moins de 2% d'inflation" par une discussion annuelle au niveau européen dudit objectif !


mercredi, 8 juin 2016

" L'incroyable indigence du métro parisien "

Les Echos du 8 juin 2016 - Article d'Eric Azière, Président du groupe UDI-Modem du Conseil de Paris et conseiller métropolitain du Grand Paris.

mon commentaire :

Merci M. Azière pour ce diagnostic sans concession mais parfaitement exact de l'état déplorable de la plupart des stations et couloirs du métro parisien. Une honte nationale que j'ai d'ailleurs du boire plusieurs fois quand de amis étrangers ont eu la bonne (la mauvaise !) idée d'emprunter ce moyen de transport et me disant, d'ailleurs surpris et gênés, qu'il était repoussant.

- page 1 de 38